De l’angoisse de fusion au risque de soumission

Synthèse en 30lignes par F. NICOLAS dans le cadre de mon apprentissage professoral.

P. Jeammet et P. Meirieu proposent deux thèses distinctes, mais qui se répondent l’une à l’autre.

Jeammet s’intéresse à l’idée de la dépendance. L’être humain angoisse de verser dans deux extrêmes : dépendance extrême, angoisse de fusion ou au contraire une indépendance extrême, angoisse d’abandon. Il s’agit alors de trouver une distance d’équilibre.

L’adolescent étant en construction de lui-même, il se heurte de façon aiguë à ce problème. Il est constamment tenté de se sevrer de certains liens pour préserver son individualité, et simultanément tenté de tirer plus intensément sur certains liens pour trouver de nouvelles briques à apporter à la construction de sa vie.

Jeammet souligne qu’une première solution est de multiplier les liens non pas dans leur intensité, mais dans leur quantité.

Meirieu part de l’idée d’autorité : l’adolescent y est réputé rebelle. Or Merieu propose que l’adolescent d’aujourd’hui soit plutôt prompt à se soumettre à des formes d’autorités extrêmes.

Les adolescents s’opposent à certaines formes d’autorités, comme celle basée sur l’ancienneté (parents, famille), l’expertise (professeurs…) ou des valeurs morales (bien commun…) Mais au lieu d’entrer en conflit, ils vont plutôt les ignorer sans débat.

Leurs références sont plutôt sur l’Internet, les vedettes ou simples caïds : des autorités d’emprise, qui se basent sur la jouissance personnelle de ceux qui l’exercent et de ceux qui s’y soumettent. Il détaille en quoi ces autorités d’emprises nuisent à l’individu et à la société.

Mais on retrouve une idée de navigation entre fusion ou solitude. Si les jeunes adhèrent à de nouvelles formes d’autorité, c’est pour se trouver une identité. En s’appropriant l’individu, le groupe lui donne une existence. Les adolescents recherchent cela en réaction à la solitude du « village planétaire » le virtuel et la mondialisation, qui nous noie dans une foule sans fin.

On trouve donc chez Jeammet comme chez Merieu la question de la distance à autrui. Jeammet met en avant la multiplicité des individus comme source d’équilibre entre la fusion et la solitude. Meirieu suggère que ces individus multiples, s’ils forment un groupe, peuvent assujettir à une forme d’autorité nocive.

Merieu alors propose l’éducation comme solution de sortie de cette impasse. En apprenant aux jeunes qu’ils ne sont pas seuls parce qu’ils sont arrivés dans un monde au passé riche. Et en leur enseignant comment interroger ce qu’autrui énonce comme norme, notamment par les deux piliers que sont la démarche expérimentale et la recherche documentaire.