La narration et l’écriture

imageÉcrire. Malgré toute la technologie qu’implique blog (électricité, électronique, informatique, réseau, serveurs…) l’action de base de l’internet est vieille comme l’Histoire : écrire. C’est la technologie la plus efficace jamais inventée par l’être humain. Dans ce blog, je vais écrire à ce sujet.

Je me pose quelques questions. (Ce n’est pas vrai, ne m’écoutez pas, je me pose BEAUCOUP de questions, et c’est toujours comme ça.)

À quoi peut servir une histoire ? (et par la même occasion, qu’est-ce que c’est ? une chanson n’est-elle pas une histoire ? Et une discussion ?) Est-ce une mémoire ? Un apprentissage ? Un moyen de communication ?

Comment remplir ce but ? Quels sont les chemins à emprunter ? Sont-ce les personnages qui importent ? Ou bien le sentiment généré chez le lecteur ?

Comment écrire, quel est le lien entre les lettres et ce qui est lu ? Les enseignements de la littérature (pas de répétitions, figures de style…) sont-ils un ramassis de connerie et/ou d’habitude non significatives ? Ou bien les neurosciences peuvent-elles nous aider à y voir plus clair ?

Comment passons-nous d’une pensée à la frappe des lettres sur le clavier ? (On peut également les tracer sur le papier, mais c’est moins mon domaine…)

Et enfin, comment formons-nous des histoires ? Nous sommes revenus à la première question.

Je vais parasiter Clemenceau et dire ceci : l’écrit est un sujet bien trop fascinant pour être laissé aux littéraires. Voyons un peu ce que le reste du monde nous donne à lire sur le sujet ! J’essayerais sur ce blog de réunir et synthétiser tout ce que je découvre sur le sujet.

Une fille

J’ai rencontré une fille.
Nous avons discutés toute la nuit.

Elle me donne envie de découvrir mille choses. Pour la première fois, j’ai envie de m’améliorer pour quelqu’un d’autre, et pas seulement pour moi. Quelle puissante motivation ! C’est la première personne aux yeux de qui j’ai envie d’être meilleur.

Elle a donné du sens à la soirée de fête chez elle.

Elle n’est pas parfaite, dieu merci je n’aurais pas tenu la route, mais quelle femme !

Comment peut-elle encore vouloir de moi après tout ce que je lui ai dit ? J’ai révélé des choses qui me font honte, je me suis fait pitié, et elle a continué de me câliner…

Je n’en reviens pas.
Dès que je m’en sépare, j’ai peur qu’elle se réveille, que le charme se dissipe et qu’elle change d’avis. Je ne peux que croiser les doigts.

Je ne dois pas être son animal de compagnie, je ne dois pas me mettre en situation de demande vis à vis d’elle.

Je me retrouve à en parler nerveusement à tous mes amis, tentant de me restreindre car en fin de compte cela ne les regarde pas. Et je vois combien certains sont absents pour moi. D’autres, à qui je ne parlais plus récemment, une autre en particulier, me semble soudain très adaptée.

Je ne sais pas à quelle sauce je vais être mangé.

C’est quelqu’un qui a beaucoup de convictions, tandis que je suis tout en doutes. Il y a toutes sortes de choses dont j’aimerai qu’elle me parle.

Intérets narratifs (en l’occurence de Game of throne et C-Control)

Je remarque dans Game of throne la technique de création de trame alternée. La série commence sur une séquence introductive spéciale, juste destinée à montrer la richesse à venir de la série. La première partie est alors focalisée sur les Stark, au chateau des Starks, présentant une trame plutôt unie. Mais les Starks se séparent peu à peu : le batard par vers le mur, le père va à la capitale et seule la mère et un fils restent à domicile. Chaque groupe va représenter une trame, qui va alterner avec les autres.

Cette création de trame par sission a l’avantage de ne pas perdre le lecteur, puisqu’il n’y a, à l’origine, qu’une trame. A l’opposé, de nombreuses trames dès le début sont déconcertantes. Le cas de Lost montre également une forme de sission, dérivant des trames passées à partir d’un présent commun. Une variante intéressante. Et pourquoi pas un présent multiple à partir d’un passé commun ?

C-control offre une tactique narrative intéressante : offrir un héros spéctateur, voire victime d’une trame plus large, qui évolue sans lui. Il ne fait que comprendre peu à peu les forces qui s’agitent autour de lui.

En poussant plus loin ce principe je vois une histoire d’une pièce maitresse dans un jeu immense. Elle se cache pour ne pas être broyée par les forces en présentes, mais il s’avère évidemment qu’elle va faire toute la différence, à sa façon insignifiante.

Ce type de trame pourrait susciter un identification forte du narré au personnage, puisque nous sommes tous ballotés par des forces qui nous dépassent. Ici on verrait le personnage faire de son mieux pour ne pas souffrir d’être insignifiant (se cacher des soldats, ne pas prendre parti…) tout en tachant d’en tirer avantage (détrousser les corps après la bataille, ou les villages abandonnés avant l’arrivée des armées…

Les narrations actuelles me semblent prendre la tendance contraire, en plaçant presque systématiquement les personnages au centre de la situation. Ah non, pas pour les films-catastrophe. Il y a une nuance ici, selon que le «but» du film, des personnages, est d’influer sur les événements ou juste sur leur vie. l’anime C-control est le seul que je vois qui propose d’infuer sur des événements qui le dépassent, sans en devenir le centre.

Il pourrait y avoir un plaisir partagé, une jouissance de puissance type Dragon Ball, à voir quelqu’un devenir central.

Il s’agirait d’une forme qui serait naturellement pertinente pour mon histoire de Gillz. Piko serait balloté par les événements – kidnapping, trafic d’esclave, artisanat forçé – jusqu’à ce que, ayant sympatisé partout, il puisse faire le lien entre les protagonistes et créer la paix.

J’ai aussi lu aujourd’hui Violence doesn’t add to children’s enjoyment of TV shows, movies: study. Il semble que ce ne soit pas la violence, mais l’action qui soit attirante. La vitesse aurait ainsi le même effet.

Intérêts narratifs (en l’occurence, de Fate Stay Night)

– Systèmes de classes (de servants). Valorise les personnages en les incluant dans un tout plus important. Créé une attente de découverte (des autres classes). Sans oublier la double identité servants/héros.
– Correspondance caractères servant/maître. Le narré apprécie de pouvoir transvaser à l’autre ce qu’il apprend sur l’un. De plus les conflits servants/maîtres, notamment celui de Shiro/Saber, sont intéressants en ceci qu’il s’agit d’affronter son propre caractère.
–Le potentiel de Saber, non-exploité par Shiro, qui créé une attente. L’épée invisble de Saber en est un bon exemple : on attend sa matérialisation, se disant « si elle est si puissante immatérielle, qu’est ce que ce sera une fois matérialisée ! »

Défauts
– Lenteur, notamment à cause de l’ordre d’introduction des éléments. Bien que l’histoire soit centrée sur Saber, elle met plusieurs épisodes à apparaître. Il est possible que cela soit un héritage du jeu d’où vient le scénario, qui est par nature multi-centré sur chaque fille. Naïveté.

Autre élément non-classés
– Un autre aspect important est l’idéalisme de Shiro. On l’admire tout en le trouvant stupide, et l’on espère de tout coeur, mais sans y croire, qu’il nous démontrera qu’il faut avoir la foi. Il parle à chacun de nous en ceci qu’il est le thème de « Certaines choses sont souhaitables, mais il faut parfois faire des concessions ». Ici c’est le refus de la guerre, qui est en jeu, le refus de suivre les règles d’une guerre alors même que l’on est jeté en son coeur. Les actions de Shiro sont ridicules, contre-logiques et sucuidaire. (quand il s’oppose lui-même à des servants, quand il considère Saber comme une femme qu’il faut protéger…) et elles nous énervent (Laisse Saber combattre ce put*** d’Assassin nom de d***) mais en même temps elles suscitent notre admiration (c’est beau de se battre jusqu’au bout) même quand les valeurs défendues sont surranées («une fille ne devrait pas avoir à se battre.»)
– Un autre point que je suppose important est l’ambiance érotique latente. Certain moment de la série, lorsque l’on sait que le scénario provent d’un jeu Hentai, laisse supposer des actes sexuels. La scène de connexion « magique » entre Saber et Shiro dans la forêt, la tenue SM de Sakura lors de sa capture par Médée…

Réflexion
A propos des intérêts, il semble y avoir une utilisation générale de la dualité. Fate Stay Night reposte sur une suite d’associations héros/servant, servant/maître. On pourrait même parler du lien «Saber affaiblie»/«Saber pleine puissance». Je pense qu’il y a là un mécanisme d’immersion. Le narré doit lui-même faire le lien entre ces profils, et cela créé des attentes chez lui, des non-dits qu’il comprend et apprécie. Cela donne aussi avec efficacité plusieurs niveau de lecture à la narration, selon les liens que l’on a fait.
Un outil à réutiliser.

Les titres de romans et d’articles : un essai

Pour titrer un article court, on doit résumer l’idée générale et en montrer l’attrait. Mais lorsqu’un texte contient plusieurs idées, que faut-il titrer ? Est-ce toujours possible ? Esquisse de trois sortes de titres différentes.

Pour qu’un texte long se tienne, il doit contenir une idée directrice, plus dont découle l’examen, dans le texte, des autres idées. Est-ce donc celle-là qu’il faut titrer ? Mais n’est-ce pas terriblement réducteur ? Bien souvent, ce sont les autres idées examinées qui donnent de la valeur au texte. Ce titre doit aussi, de par sa nature et ses qualités linguistiques, refléter le texte qu’il accompagne. Une oeuvre drôle devra avoir une blague en guise de titre, par exemple. Un roman à personnages décrira un trait de personnalité dans son titre (je pense par exemple à « La Fille qui rêvait d’un bidon d’essence et d’une allumette », alias millenium tome 2, actuellement adapté au cinéma.)Mais quoi qu’il fasse le titre ne peut refléter fidèlement le contenu d’une oeuvre, car celle-ci est trop vaste et passe par des procédures incompressibles comme la création d’émotion chez le lecteur.

Le titre à inévitablement une autre fonction : il est hautement référentiel. C’est-à-dire qu’il sert avant tout à désigner l’oeuvre, et non pas à la caractériser. C’est le titre que l’on indique au libraire pour qu’il trouve le bon livre, c’est le mot-clef par lequel on désigne l’œuvre dans une discussion. Dans cette optique, le titre doit avant tout mettre en avant les spécificités de l’oeuvre, pour le différencier du reste au maximum. Puisqu’il vise à être utilisé pour retrouver et gérer l’oeuvre, il devra être facilement mémorisable.

Ce sont donc trois fonctions distinctes du titre : le titre représentatif, le titre symbolique et le titre référence. Le premier n’intervient que lorsque le contenu est simplifiable à une phrase, tandis que les deux autres vont désigner des contenus qu’ils ne représentent pas entièrement. Il peut alors être intéressant d’utiliser plus de titraille. Les titres de partie sont bien entendu intéressants pour préciser le contenu des sous-parties, jusqu’à aboutir à un découpage assez fin pour pouvoir y mettre des titres représentatifs.

L’idée du sous-titre de roman est également intéressante. Il ne s’agit pas d’un nouveau titre, mais en fait plutôt d’un double titre. L’oeuvre possède alors un titre principal, référentiel, pour identifier l’œuvre, et un sous-titre symbolique, donnant un avant-goût de son (incroyable) contenu, un peu comme un slogan. Cela me semble permettre une description plus fine de l’oeuvre, en séparant les fonctions.

Mais peut-être une personne avec plus d’expérience dans la titraille trouverait à redire à cette conception. Je me demande ce qu’en dirait un secrétaire de rédaction ? Bref, je pense donner un sous-titre à mes romans.

Le but de la narration : abstract

Un article qui ne cherche pas à convaincre, ni à persuader. J’énonce ici ce que j’ai compris du pourquoi nous écrivons des livres, pourquoi nous inventons des histoires.

Toute histoire a le même sujet : la vie. Je vois trois fonctions fondamentales de l’histoire : nous faire oublier notre vie, nous faire vivre une autre vie et nous apprendre à vivre.

Bien qu’enchaineés, les trois sont autonomes. Nous voulons oublier nos vies pour faire cesser les sensations désagréables ou douloureuses et nous voulons en vivre d’autres pour créer des sensations positives. Mais la troisième est la plus importante, car elle a pour but de concrétiser les deux premières. Les sources de malheurs seront détruites et la joie découvertes grâce aux connaissances tirées de la narration.

L’apprentissage narratif ne vise pas à détruire les obstacles matériels au bonheur. Tout d’abord parce que c’est le rôle des sciences et technologies. Aussi parce qu’il n’existe rien de tel que des obstacles matériels au bonheur, puisque par définition celui-ci se trouve dans notre tête. L’apprentissage narratif vise à détruire les obstacles intérieurs au bonheur. Ou, plus correctement, à construire une mécanique intérieure qui nous y mène constamment.

« Traitez mon livre comme une paire de lunettes dirigées sur le dehors » Proust

Cette fonction ne peut être remplie par un cours ou un article. Il ne suffit pas de savoir quelque chose pour pouvoir l’appliquer. (Sinon plus personne ne fumerait ni ne serait obèse.) C’est en forgeant que l’on devient forgeron. Pour apprendre à vivre, nous devons vivre. Mais nous ne pouvons pas prendre le temps de tout vivre, ni le luxe de faire toutes les erreurs.

Nous avons donc besoin de vies synthétiques et conçues pour faire un tour de leur sujet.

Cela est l’objet de la narration.

Les histoires dans les livres, mais aussi au cinéma, et les potins ou leus parlors d’une chanson, toutes les histoires ont cette même mission : nous faire vivre une autre vie. Une simulation qui nous placera autant que possible dans les conditions émotionnelles et physiques de la vie. Nous apprenons ce les réactions possibles en réponses à tel ou tel évenement, ce qui nous permet de mieux l’appréhender lorsqu’il se produira dans notre propre vie.

« Le plus grand livre est celui dont le choc vital éveille en nous d’autres vies » Roman Rolland.

« Une fiction qui ne sert pas à illuminer la vie ne vaut rien. Réciproquement, une vie qui ne s’appuie pas sur l’interprétation qui découle de l’expérience que la fiction lui procure reste à jamais ténébreuse. » Pacôme Thiellement, scénariste de Lost.

Sexualité : Ursula Le Guin, Manchots et extraterrestres

Nous avons besoin d’autrui pour nous reproduire, c’est une contrainte biologique. Elle a structuré notre évolution, notre culture s’est autour de ce fil directeur et il est le moteur de notre psychologie. Et si notre biologie avait été différente ? En quoi notre esprit en serait-il affecté ? Et qu’est-ce que cela nous apprend sur nous-mêmes ?

    Plus il y aura de pierres, plus les femelles seront séduites. Le manchot voisin en piquerai bien quelques unes…Plus il y aura de pierres, plus les femelles seront séduites. Le manchot voisin en piquerai d’ailleurs bien quelques unes…

Quels autres modes de reproductions peut-on imaginer ? Nous le faisons avec une autre personne, donc la première chose est de changer le nombre de partenaires. Les espèces hermaphrodites, et d’autres, peuvent se reproduire avec elle-même. Mais elles ne sont pas intéressantes pour moi. Leur psychologie serait sans doute très différente de la nôtre, mais pourrait-elle atteindre un haut niveau de développement ?

La sexualité est un moteur pour la race humaine. La séduction et l’amour ont de tout temps poussé les hommes à se surpasser. Dans La Main gauche de la nuit, l’écrivaine et sociologue Ursula le Guin décrit un peuple de pseudohumains asexués, qui ne se sexuent, acquiert un sexe masculin ou féminin, que ponctuellement, à certaines périodes, pour la reproduction.) Une des conséquences de cette asexualisation est une extrême lenteur de leur progrès technologique. Au moment du roman, ils ont déjà inventé la radio depuis plusieurs centaines d’années, mais ne sont toujours pas allés jusqu’à la télévision. Leur temps est comme ralenti, débarrassé de ses pulsions. Une espèce sans ces pulsions pourrait-elle seulement dépasser le stade d’amibe ? La compétition sexuelle est au coeur de l’évolution biologique et culturelle. USK contourne le problème en supposant l’espèce avoir une lointaine origine humaine, qui a seulement dû repartir de zéro.

Elle décrit alors la culture, leurs mœurs et même les troubles psychologues qui correspondent à leur condition charnelle. Par exemple, les adolescents ressentent souvent, à l’approche de la puberté, une répulsion maladive pour les adultes. Eux qui ont toujours été asexués, ne laissant que peu leurs relations à autrui interférer avec leur raisonnement, commencent à voir les adultes perdre ponctuellement cette rationalité et se consacrer à ce qui leur semble des rituels bestiaux et absurdes. Et savoir que cela va bientôt leur arriver également provoque en eux un dégout et une rébellion bien compréhensible. Ce n’est que lors de leur première sexualisation qu’ils peuvent comprendre l’amour et l’affection que partagent alors les adultes. (Je ne peux que conseiller de lire Ursula dans le texte, elle en parle évidemment bien mieux que moi.) On pourrait aussi dire que la sexualisation temporaire est une version amplifiée des mensurations que subissent les femmes, et des perturbations de l’humeur qui les accompagnent.

L’intérêt de ces peuples fictifs est pour qu’ils sont à la fois très différents de nous, et en même temps nous parle de nous-mêmes. Cette répulsion que je viens de décrire entretient une relation étroite avec la découverte de la sexualité chez l’être humain, accentuant certains aspects pour mieux les mettre en valeur d’une façon cohérente.

Le problème des partenaires multiples et des sexualités correspondantes est que… eh bien je n’ai aucune idée de comment on pourrait les gérer. Leur description vire généralement à l’orgie, acculturée, qui mérite plus une description zoologique que psychologique au sens humain. (Non pas que j’eus quoi que ce soit contre nos charmants compagnons animaux, mais simplement je n’ai pas les mêmes problèmes mentaux qu’eux.)(Hé, un chien peut-il faire un complexe ? Diantre à qui je pourrais-je demander ça…?)

Bref, je laisse de côté le problème de la sexualité multiple.

Ce qui m’intéresse le plus aujourd’hui, c’est l’idée de changer non pas le nombre de partenaires, mais leur nature. La sexualité et l’amour semblent toujours être une relation de personne à personne, mais c’est aussi parfois une illusion. Il existe des relations de dominations, ou une des moitiés ne s’exprime pas et suit les désirs de l’autre. Il existe des relations de possessions, où l’un exhibe l’autre comme un trophée. Chez l’humain, ces relations sont généralement pathologiques. (Du moins dans nos cultures modernes, je suppose que chez la femme japonaise c’était différent.)

S’unir à quelque chose que l’on ne considère pas comme une personne. Cela pousse à vouloir l’aligner sur nos désirs, à le lier à nous. Si une race consciente pondait des œufs, il ne fait absolument aucun doute à mes yeux qu’elle développerait dès sa préhistoire des peintures sur la coquille, que leur archéologue étudierait ensuite pendant des milliers d’années, tentant de comprendre les vertus conférées à ces « peintures rupestres ». L’amour de l’objet mène également à l’art. J’ignore ce qu’est l’art, je ne vais donc pas développer ce point. Mais cela est également à relier à la pratique du tatouage chez l’être humain.

Je construis en ce moment un roman basé sur ces idées, peuplé d’êtres conscients, profonds, qui dont la culture se sera construit autour d’une sexualité différente.

Et pour conclure, une vidéo fascinante à propos de la sexualité des Manchots. Pour séduire leur partenaire, ceux-ci doivent construire le plus gros nid possible, c’est-à-dire y ramener un maximum de pierres. Mais ce gros travail est évité par certains… en volant les pierres dans les nids voisins ! Sexualité, ingéniosité, malhonnêteté, combats…
Thief Penguins, sur la BBC.

Le Roi Lion : une structure alternée

En re-regardant le classique de Disney, j’ai remarqué une structure omniprésente et très marquée. Les scènes joyeuses et positives, comme une père jouant avec son fils, y alternent avec des scènes négatives, tristes, comme la mort de ce père. Ce chaud-froid semble très efficace pour émouvoir le spectateur, et les films l’utilisant dans diverses mesures sont fréquents. Je me suis demandé comment elle fonctionnait.

Dans le roi Lion, l’alternance est permanente mais pas monotone. Elle commence biaisée du coté positif, avec des scènes négatives douces,  simplement inquiétantes, comme la dispute Scar/Père de Simba. La gravité des situations monte en flèche mais de façon fluide : dispute avec Scar (inquiétude), excursion chez les hyènes (peur pour les personnages), et sommet avec la mort du père (chagrin non seulement du personnage, mais aussi et surtout du chagrin du spectateur).

+++ Présentation du bébé à la foule : gaie, vivante, colorée.
– Dispute avec Scar : inquiétante, morne, grise.
++ Le rapport du matin (chanson seulement en version longue) : joyeuse, drôle.
– Le conseil de Scar : inquiétante.
+++ Esquive de l’oiseau : joyeuse, excitante, vivante.
— Excursion chez les hyènes : effrayante, malsaine à cause de leurs rires, très grise.
+ La réprimande, qui tourne immédiatement à la réflexion philosophique tendre et amante.
– “Soyez prêtes” Scar/hyiènes. Inquiétante et menançante.
—Mort de Père.
— Fuite de Simba.
+++ Hakuna Matatta.
— Nala annonce l’épuisement des ressources du pays des lions
++ Réflexion sur les étoiles
– “Papa tu m’as abandonné” (courte.)
++ Rafikki apprend la survie de Simba et en danse de joie.
Etc.

L’alternance des scènes n’est pas stricte, puis par exemple la réflexion sur les étoiles et le soupir de Simba sont joints. Ce sont les sentiments qui alternent vraiment.
La partie centrale du film remplace la joie par des sentiments plus subtils, comme l’admiration de la beauté de l’univers (scène des étoiles) et l’amour Simba/Nala (Can you feel the love tonight). Cela permet non seulement au film de ne pas s’enliser, mais également de faire cobabiter du positif et du très négatif. La folie du singe Rafikki fait également partie de cette nuance, alliant le positif et le négatif en lui et y répondant par le délire.
En nuançant les sentiments dans une opposition plus riche que juste négative-positive, on évite que le lecteur se sente balloté de haut en bas. Enfin, la scène du voyage vers le rocher est positive (excitation) et se conclut par la scène négative de la dévastation du pays (choquante, triste). On bascule alors dans l’affrontement du positif et du négatif.  (Maman/Scar, puis Simba/Scar). J’ignore comment classer ces scènes, mais il semble logique qu’elles constituent un maillon important d’une trame alternée, permettant à celui de marquer la fin. Il aboutit à une scène de victoire, et le cycle de la vie qui reprend.

La structure du Roi Lion, que je compte prendre comme modèle canonique d’alternance, se synthétise donc ainsi :
—Introduction, avec une  alternance de scènes positives joyeuses et de scènes négatives douces, menaçantes.
— Crescendo, avec une alternances de scènes positives drôle et de scènes très négatives, triste et rageantes.
— Transition, avec une alternances de scènes positives réflexives et de scènes
— Conclusion avec les remous du choc des causes, et fin positive.

Si on devait interpréter la structure non pas vis à vis de sa positivité mais par rapport aux émotions, les quatre parties deviendraient :
— Bonheur/Crainte
— Joie/Tristesse
— Paix intérieure/Cupabilité
— Colère
Et enfin la joie finale, qui est la même que celle du début !

L’écriture et la narration ; sciences.

Écrire. Malgré toute la technologie qu’implique un blog (électricité, électronique, informatique, réseau, serveurs…) l’action de base de l’internet est vieille comme l’Histoire : écrire. C’est la technologie la plus efficace jamais inventée par l’être humain. Dans ce blog, je vais écrire à ce sujet.

Je me pose quelques questions. (Ce n’est pas vrai, ne m’écoutez pas, je me pose BEAUCOUP de questions, et c’est toujours comme ça.)

  • À quoi peut servir une histoire ? (et par la même occasion, qu’est-ce que c’est ? une chanson n’est-elle pas une histoire ? Et une discussion ?) Est-ce une mémoire ? Un apprentissage ? Un moyen de communication ?
  • Comment remplir ce but ? Quels sont les chemins à emprunter ? Sont-ce les personnages qui importent ? Ou bien le sentiment généré chez le lecteur ?
  • Comment écrire, quel est le lien entre les lettres et ce qui est lu ? Les enseignements de la littérature (pas de répétitions, figures de style…) sont-ils un ramassis de connerie et/ou d’habitude non significatives ? Ou bien les neurosciences peuvent-elles nous aider à y voir plus clair ?
  • Comment passons-nous d’une pensée à la frappe des lettres sur le clavier ? (On peut également les tracer sur le papier, mais c’est moins mon domaine…)
  • Et enfin, comment formons-nous des histoires ? Nous sommes revenus à la première question.

Je vais parasiter Clemenceau et dire ceci : l’écrit est un sujet bien trop fascinant pour être laissé aux littéraires. Voyons un peu ce que le reste du monde nous donne à lire sur le sujet ! J’essayerais sur ce blog de réunir et synthétiser tout ce que je découvre sur le sujet.